Compagnie des

Sapeurs et Tirailleurs-Grenadiers

Royale Marche Folklorique St Roch - Châtelet


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1. Le culte Saint Roch à Châtelet

Plusieurs épidémies  de peste touchèrent Châtelet et sa région dès 1522 (plus ancienne archive communale trouvée) . 

En 1625, la peste fit à nouveau irruption où elle fit des ravages épouvantables. Elle fût tellement meurtrière que les Châtelettains demandèrent à Saint Roch de leur accorder un remède à leur maux. Ils organisèrent une collecte afin d’édifier une chapelle en l’honneur du Saint, à l’extrémité du «Faubourg du Trieu», là où étaient enterrés de nombreuses victimes de la maladie. Chose étrange, la peste cessa ses ravages juste avant la finition du monument en 1626. 

Ce ne fût d’ailleurs que pour quelques mois et les Châtelettains eurent encore souvent à invoquer St Roch et très vite le culte de St Roch fut accompagné par des cérémonies religieuses et des réjouissances populaires. 

2. Les Marches de l’Entre-Sambre et Meuse* 

L’origine des Marches est à chercher dans les processions du Moyen-âge  qui furent le plus souvent mises sur pied pour rendre grâce à un saint qui aurait accompli un miracle pour la communauté villageoise (Sainte Rolende à Gerpinnes, Saint Roch à Ham-sur-Heure, Thuin et Châtelet, ....).

En raison de l'insécurité ambiante de l'époque de nombreux villages se dotèrent d’une milice constituée par des hommes de la localité prêts à défendre le village en cas de problème. Afin de les remercier de leurs services, ces milices étaient invitées à prendre part aux processions annuelles où elles pouvaient parader. Les premières compagnies d’archers et d’arbalétrier furent ensuite remplacées par des compagnies de couleuvriniers (premières armes à feu) ou par des hommes portant des mousquets. En 1794, alors que nos régions étaient sous domination autrichienne, les marches furent interdites. Il faudra attendre 1802, alors que nous sommes sous domination française, pour que Napoléon on signe un concordat avec le Pape Pie VII pour que les processions puissent à nouveau sortir. Après la défaite de Waterloo en 1815, lorsque nos régions passèrent sous domination hollandaise, les marches furent à nouveau interdites ou tolérées sous certaines conditions.

Après 1830 et l’indépendance de la Belgique, les processions ressortirent à nouveau. Les milices rurales ayant disparu au profit de l'armée régulière, le flambeau fut alors repris par les associations de jeunesse. Ces associations se procurèrent des costumes dans des stocks d’uniformes déclassés afin de pouvoir parader et rendre les honneurs. Ces uniformes étaient principalement des uniformes issus des anciennes armées hollandaises, françaises et des premières armées belges. A l’heure actuelle, ces costumes ont peu changé. On peut considérer que le milieu du XIXème vit le glissement des processions escortées dans le domaine du folklore.

Dans les années 1960, une mode pour le costume du premier empire vit le jour, tentant de reproduire fidèlement des uniformes des anciennes armées impériales de Napoléon. De nombreux villages choisirent alors de changer leurs costumes traditionnels contre les costumes du premier empire, plus chatoyants et considérés comme plus esthétiques par le public. Cette évolution du costume fait quelque peu disparaître le caractère traditionnel des uniformes dits du second empire et modifie visuellement l'aspect des Marches. Cette modification entraîne l'incompréhension du public non initié qui rapidement y voit une évocation impériale alors que le seul objectif des Marches est d'escorter une procession religieuse et d'y rendre les honneurs.

3. La marche St Roch de Châtelet 

En 1866, une épidémie de Choléra toucha la Ville de Châtelet. Cette maladie provoqua un regain de ferveur pour Saint Roch. De toutes les régions, on venait en pèlerinage à la chapelle du Faubourg. 

Cette ferveur provoqua la création en 1867, d’une Compagnie Saint Roch qui cette année-là participa à la marche patronale de Châtelet. La Compagnie, dont on admirait le drapeau, figura régulièrement dans la marche St Eloi.

Jusqu’à la 1ére guerre mondiale, la Compagnie St Roch, en uniforme, accompagnait la procession de la Fête-Dieu dans la paroisse de la Ville. 

La disparition des derniers membres de la Compagnie et de son Président, Joseph Monnoyer, sonna le glas de cette société en 1950.

Sous l’impulsion de 5 personnes, Jacques Jenquart, Roger Wathelet, Michel Polen, Jean-Pierre Hoogstoel et Richard Porigneau, la Compagnie St Roch fut reconstruite en 1961.

Ce premier noyau fut rapidement rejoint par deux marcheurs expérimentés, Emile Dermierbe et Lucien Sainthuile. 

En septembre, le comité adopta ses statuts et décidèrent de la date de sortie, soit le 14 mai 1961. Il s’agissait du dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte. En fait, cette date fût imposée aux organisateurs par le louageur de costumes.  

Le 14 mai 1961, quelques 75 marcheurs, recrutés difficilement, défilèrent en uniformes du 2ème Empire dans les rues de Châtelet.

Sapeurs, Grenadiers, Voltigeurs, Tromblons et un petit peloton de 20 jeunes, accompagnés de la Fanfare d’Hanzinne, redonnèrent vie à la marche châtelettaine.

 Au fils des années, la Compagnie St Roch va perpétuellement évoluer pour arriver dans sa configuration actuelle.

Divers changement ont eu lieu depuis 1961. 

Voici quelques exemples des modifications et nouveautés :  

1962 :  Création de « l’ASBL Marche St Roch ». Reconnaissance de la Compagnie par l’administration communale.

 1965 : Une batterie est adjointe à chaque peloton (unique parmi les marches à l'époque). 

1967 : Célébration du centenaire du drapeau de la Compagnie avec les participations de tous les drapeaux des Marches de l’Entre Sambre et Meuse. 

1969 : Les tromblons adoptent l’uniforme des artilleurs à Pied, les uniformes de la Jeune Compagnie évoluent vers le 1er Empire. 

1971 : La Compagnie devient un bataillon par la transformation des ses pelotons en compagnies. 

1972 : Un règlement d’ordre intérieur  complète les statuts de l’A.S.B.L. suite à l’extension de celle-ci. 

1980 : Création de l’affiche de la Marche St Roch par l’artiste châtelettain Albert Chavepeyer.  

1981 : Les  Sapeurs s’adjoignent des Tirailleurs Grenadiers. 

1985 : L’AMFESM remet le trophée des Marches de l’Entre-Sambre et Meuse à la marche St Roch qui  récompense la compagnie ayant le mieux porté les traditions du folklore. 

2001 : 20ème anniversaire des Tirailleurs.

2004 : Apparition d'un Etat-major (1 colonel + 4 majors d'intendance).

2005 : Création des sites internet des S.T.G. et de la marche St Roch.

2008 : Une troisième batterie vient s'ajouter, au deux autres existantes, pour la sortie du lundi.

2009 : Présence dans certains pelotons d'une troisième femme. Par exemple, pour les STG, celle-ci est vivandière chez les sapeurs.

2010 : 50ème anniversaire de la marche St Roch.

4. La Compagnie des Sapeurs-Tirailleurs Grenadiers

" Les sapeurs, soldats du génie. Ils marchaient en tête du régiment car le leur rôle étaient de frayer le chemin pour le reste des troupes.

C’est à Vallalolis, le 16 janvier 1809, que Napoléon crée le 1er Régiment de Tirailleurs Grenadiers. Formés de conscrits robustes et instruits (sachant lire et écrire), encadrés par des officiers issus du corps des Grenadiers à pied de la Garde, ce régiment de la « jeune Garde » recevra le baptême du feu à Essling et participera glorieusement à toutes les campagnes de l’Empire. "

La Compagnie des Sapeurs voit le jour en même temps que la reprise de la marche St Roch en 1961 sous l'impulsion de la "bande des 5". On compte dans les rangs des Sapeurs plus ou moins 20 hommes.

En 1981, suite à une décision du Conseil d'Administration (les Sapeurs devenaient trop nombreux), de nouveaux costumes (Tirailleurs Grenadiers) font leurs apparitions et viennent grossir les rangs des Sapeurs.

En effet, le règlement d'ordre intérieur de l'époque prévoyait qu'il était interdit de créer une compagnie portant des costumes déjà existant dans la marche. Pour garder une harmonie avec les Sapeurs, c'est le costume de Tirailleurs (qui n 'existait pas dans la marche et qui se rapprochait le plus de celui de la Saperie) qui fut choisi.

Voilà comment naquit la Compagnie des Sapeurs et Tirailleurs Grenadiers de Châtelet

Avec cette "fusion" arriva également le premier Capitaine des Sapeurs Tirailleurs Grenadiers, en l'occurrence Jean-Marie Lisarde.

Après deux ans de commandement, il passa le relais à Émile Louche. 

Celui-ci restera de 1982 à 2002 à la tête de la Compagnie.

Le premier drapeau de la Compagnie apparaît en 1983 sous la responsabilité

de Monsieur Bal.

En 1986, un nouveau drapeau (l'actuel) fait son apparition sous la responsabilité d'Émile Louche.

En 2003, après le départ d'Émile vers d'autres cieux, c'est Thierry Devos alias Fox qui repris les rênes de la Compagnie des Sapeurs Tirailleurs Grenadiers.

 

 

* Source : Bertrand Thibaut,  AMFESM

                

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